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14 octobre 2011

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Biographies - Charles DOUDEAU
Comme certains d’entre vous l’ont peut être déjà constaté, le cimetière d’Ay sur Moselle est caractérisé par un caveau dominant l’ensemble des pierres tombales. En s’approchant de celui, on peut constater qu’il appartient aux familles Sertier et Doudeau. Un coup d’œil a travers les vitres et on remarque à l’intérieur quelques photos ainsi qu’une plaque portant la mention « Pierre Charles Doudeau - Chevalier de la Légion d’Honneur ». Mais qui est donc cette personne ? Quel est son parcours ? A travers ces quelques lignes, la vie de cette personne va vous être révélée…

Pierre Charles DOUDEAU est né à Paris le 14 novembre 1849. Après avoir fait ses études au collège de Coulommiers, ce dernier s’engagea en 1868 au 23ème de Ligne à Dijon ; il avait alors 19 ans. Aussitôt ses classes militaires terminées, il fut chargé de la fonction de secrétaire du Capitaine Major de la Mobile du Département de la Côte d’Or. Le 15 octobre 1869, Doudeau reçut son premier galon de Caporal à la 2ème Compagnie du Second Bataillon. Au mois de mai suivant, il fut nommé Caporal Fourrier à la 5ème Compagnie du 1er Bataillon à Dijon.

En juillet 1870 le 23ème Régiment d’infanterie qui était au Camp de Châlons à faire les grandes manœuvres, et qui appartenait au Corps d’Armée commandé par le Général Frossard, Division Bataille, fut un des premiers appelés à la frontière ; il quitta le Camp de Châlons le 18 juillet et le lendemain débarqua à Saint Avold. Le même jour au soir, le 23ème bivouaquait devant Forbach. Du 20 juillet au 2 août le Régiment opérait chaque jour des reconnaissances pendant lesquelles eurent lieu plusieurs escarmouches : une nuit étant de garde dans la forêt de Forbach, le fourrier Doudeau s’armant d’un fusil, put, en donnant l’alerte, faire prisonniers deux espions ennemis. Le 2 août sa compagnie prit une part active à l’assaut de Sarrebruck après un combat qui avait duré de 11 heures du matin à 7 heures du soir, 5 hommes avaient été mis hors de combat dans sa compagnie.
Le 6 août, les 8ème et 23ème Régiments furent vivement engagés vers 11 heures du matin à la bataille de Sprickren où le Corps d’armée commandé par le général Frossard soutint pendant 10 heures d’un combat acharné avec 28.000 hommes, les attaques réitérées des corps d’armée du général Steinmetz qui s’élevaient à plus de 100.000 hommes. La nuit vint mettre fin à cette bataille sanglante. Nos braves troupiers harassés de fatigue, décimés par le nombre, durent battre en retraite. Les pertes furent grandes de part et d’autres et les bagages et les blessés furent abandonnés sur le champ de bataille. La 5ème Compagnie du 1er Bataillon perdit en cette journée mémorable une vingtaine d’hommes sur 70. Le fourrier Doudeau eut le fourreau de son sabre perforé par une balle à la hauteur du genou et sa capote trouée en plusieurs endroits.
 

Cette fois, sa blessure est assez grave pour le mettre dans l’impossibilité de continuer à combattre ; il perd connaissance et reste étendu pendant plusieurs heures sur ce terrain ensanglanté sans être secouru ; on l’avait laissé pour mort ! Dans la nuit le froid le ranima, il avait la jambe considérablement enflée et la douleur était si aigue qu’il ne pouvait faire aucun mouvement ni aucun appel. Au petit jour, un muletier aperçut cependant le fourrier Doudeau ; il l’enleva sur le cacolet pour le conduire au fourgon et de là, on le transporta à l’ambulance de la Visitation à Metz où il reçut les premiers soins. Une proposition pour la médaille militaire fut faite en faveur de Doudeau sur l’ordre de l’officier Général délégué par le Maréchal Bazaine pour visiter les blessés. Mais le désarroi causé par le blocus de Metz et par la reddition de la place empêcha de donner suite aux promesses qui lui furent faite sur son lit de douleur par cet officier supérieur.


 

 
Après la capitulation, les ambulances civiles ayant été évacuées par ordre de l’autorité prussienne, Doudeau fut transporté aux magasins du Forçat et de là, à la caserne du Génie convertie en ambulance où il resta jusqu’au 24 décembre pour être interné à Erfurth, province de Saxe, où il resta jusqu’au mois de février 1871. A son retour en France, il dut s’arrêter à Nancy, sa blessure le faisant trop souffrir, l’extraction de la balle n’ayant pu être faite. Monsieur Leroy ingénieur des chemins de fer de l’Est le recueillit chez lui où l’opération eut lieu. La balle avait séjournée dans la blessure plus de six mois. Pendant sa convalescence à Coulommiers, un incendie éclata chez son beau frère M. Lahaye. Doudeau sauva une vieille femme paralysée dont le lit était entouré par les flammes. Pendant cette belle action, tout ce qu’il possédait fut brûlé ou perdu ; la balle extraite de ses chairs ne fut pas retrouvée dans le brasier ; il eût cependant été heureux de la conserver comme un précieux souvenir.

Le 24 mai, il put enfin rejoindre son Régiment à Avignon où son engagement prit fin. Rendu à la vie civile, il revint à Paris fonda une maison de commerce et se maria à Joséphine Sertier le 2 mai 1878. Si heureusement secondé par sa femme, il réussit à se faire une situation indépendante qui lui permis de donner suite aux idées si généreuses dont la nature l’avait doué. En 1902, M. Doudeau fut nommé Président effectif de l’association des Combattants de Gravelotte ; il faisait partie de la Société depuis 1890. En dehors de cette haute fonction, M. Charles Doudeau appartient à divers titres aux Sociétés suivantes : Fédération des Sociétés Alsaciennes-Lorraines, Souvenir Français, Société de tir de Saint Nicolas de Port et de Verdun, Conseil d’Administration de la maison de famille de Rueil,…Durant les six années pendant lesquelles M. Doudeau a exercé la présidence de l’association des combattants de Gravelotte, son bon cœur et sa générosité ont contribué à soulager et à venir en aide à des camardes malheureux ou sans emploi. Le président Doudeau a su, par sa sympathie, maintenir la bonne renommée de l’association en resserrant de près tous les membres par des sentiments élevés de bonne camaraderie qui unissent tous ses anciens frères d’armes.

Dans la réunion du Comité en date du 2 mars 1907, il a été décidé à l’unanimité qu’une médaille commémorative en argent serait gravée en l’honneur de M. Doudeau et qu’elle lui serait offerte en reconnaissance de ses services rendus et porterait la dédicace suivante : « Témoignage d’amitié et de reconnaissance de l’Association des Combattants de Gravelotte à son Président M. Charles Doudeau réélu pour la 3ème fois à Paris le 20 janvier 1907. » A cette médaille serait joint un Diplôme d’honneur signé du Président d’honneur-Fondateur, le Commandant Juatte ; des Vice-Présidents ; des membres du Bureau et du Comité d’Administration. Dans cette même réunion, il a été décidé qu’une pétition serait adressée à M. le Ministre de la Guerre pour appuyer la demande à lui adresser, afin de faire obtenir à M. Charles Doudeau la Croix de la Légion d’Honneur.



Portrait de Charles DOUDEAU


La médaille commémorative et le Diplôme d’honneur ont été remis solennellement au Président Charles Doudeau devant l’Association réunie au Banquet du 26 août 1907, aux acclamations de toute l’Assistance. La mémoire de proposition pour la décoration de Chevalier de la Légion d’Honneur fut adressée en 1908 au Grand Chancelier. Cette demande resta insatisfaite tout comme celle de 1911. Une 3ème requête rédigée en 1912 eut plus de succès et M. Doudeau fut nommé chevalier de la Légion d’Honneur par décret du 30 juillet 1913. Il reçut solennellement la décoration le 25 août 1913 des mains du Capitaine Plo.
 
Monsieur Doudeau est décédé le 24 mars 1933, dans sa 84ème année, en son domicile à Paris. Les obsèques eurent lieu le 27 mars dans l’église Saint Ambroise (sa paroisse, Paris) avant d’être inhumé au cimetière d’Ay sur Moselle le 28 mars 1933.

Sources:
Le Livre d’Or des combattants de 1870-71 de France et des Colonies.
Archives Nationales – Dossier de Légion d’Honneur – Cote L0796059.
 
 
 
 
Rédaction:
Florent PIERRON

Date de création : 11/10/2009 @ 22:33
Dernière modification : 12/10/2009 @ 21:12
Catégorie : Biographies
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