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14 octobre 2011

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Biographies - Antoine DENIS
Antoine DENIS est né le 12 novembre 1782 à Metz. Il est le fils de Jean DENIS, maître de Langues, et de Anne ESTAUX.

Antoine DENIS est entré au service du 9ème régiment d'Infanterie Légère de Metz le 5 août 1801 en provenance du 1er bataillon de volontaires de la Côte d'Or. Il est alors âgé de 19 ans. Lors de son incorporation, le registre des contrôles de troupes du 9ème Régiment d’Infanterie Légère fait part des signalements suivants sur ce soldat: taille de 1,625 mètres, visage rond, menton rond, yeux bleus, front bas, nez ordinaire, bouche moyenne et sourcils blonds.

Ce régiment était surnommé l’Incomparable. Ce surnom provient de la bataille de Marengo (14/6/1800) où la 9ème était entrée en bataille avec environ 2000 hommes et au terme du conflit elle n'avait pas subi plus de 300 pertes. Pour son courage Napoléon nomma la 9ème "INCOMPARABLE".

Son incorporation a lieu pendant une période de grands changements. En effet beaucoup de soldats devenaient vieux, le noyau principal étant engagé en 1784 soit seize ans de services et la dépression s'insinuait au sein du régiment. Ainsi le 23 Décembre 1803 Claude Meunier, déjà commandant d'un bataillon des Chasseurs à pied de la Garde Consulaire, prit les commandes à la place de Labassè promu Général de Brigade. Durant 2 ans, Meunier prépara son régiment aux futures guerres napoléoniennes. A cette époque chaque régiment était constitué de 2 bataillons de guerre et 1 bataillon d’instruction, ce dernier ne comprenant que des compagnies de fusiliers. Chaque bataillon comprend 1 compagnie de grenadiers, 7 compagnies de fusiliers et 1 compagnie de voltigeurs. La compagnie est en théorie à l’effectif de 123 hommes ; dans la réalité, elle en compte rarement plus de 80.


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Ainsi Antoine DENIS faisait parti du second bataillon, compagnie des voltigeurs. Les voltigeurs sont des compagnies d’élite qui combattent en tirailleurs et doivent leur nom à leur spécialité : devant être transportés rapidement sur le lieu du combat, ils sont exercés à sauter en croupe derrière les cavaliers ou à suivre à pied des cavaliers marchant au trot. Généralement il s’agit de soldats de petite taille dans les régiments d'infanterie de ligne et d'infanterie légère. Ces derniers portaient en général un plumet jaune ou vert et des épaulettes avec les mêmes marques distinctives.

Le 28 Août 1805, Antoine DENIS marchait en direction de la Bavière au sein de la division Dupont qui comprenait la 9ème légère. C’est alors que s’engagèrent les batailles de la 3ème Coalition. Son régiment combattit à Haslach (11/10/1805) contre les Autrichiens qui présentaient une force 5 fois supérieure. Puis, il affronta les Autrichiens à Ulm le 20/10/1805. A Dürenstein (11/11/1805), il battu les russes où l’armée française détruisit littéralement un Régiment adverse. Le 17 novembre 1811, Antoine DENIS fut blessé d'un coup de feu à la main gauche durant les Manœuvres de Oberhollabrünn (Hollabrünn, and Battle of Schöngrabern).
Antoine DENIS ne participa pas à la bataille d’Austerlitz parce que la 9eme légère était laissée de garde à Vienne. Ensuite il parti combattre les prussiens à Iéna (14/10/1806) à Halle (17/10/1806), à Lubeck (6/11/1806) puis affronta les russes à Möhrungen (25/1/1807) et à Eylau (8/2/1807) Lors de la bataille de Friedland (14/6/1807), Meunier guida le second bataillon comprenant le sieur DENIS dans une charge à la baïonnette qui repoussa les géants de la Garde Impériale russe en désordre. Ce jour, aussi le 7ème anniversaire de la bataille de Marengo, les soldats du 9ème vécurent un autre grand instant : Napoléon leur délivra 36 croix de la légion d'honneur.

Ensuite Antoine DENIS et son régiment partirent pour l'Espagne en combattant en autre à Espinosa (11/11/1808), à Medellin (29/3/1809) et à Talavera (28/7/1809) où, après une avancé nocturne, le 9ème régiment fut dans l’obligation de se retirer devant la contre-attaque ennemi puisque les deux régiments engagés avaient perdu la route dans l’obscurité. Le colonel Meunier fut blessé trois fois lors du combat. Puis son régiment se dirigea vers le Sud de l’Espagne et combattit les anglais à Barrosa (5/3/1811, aussi appelé Chiclana). En plus de la défaite française, Antoine DENIS fut blessé au pied droit. Quelques mois plus tard, le 9ème léger subit un nouveau revers à Fuentes-de-Onoro (5/5/1811, victoire anglaise). A cette même époque (1er juin 1811), notre simple Voltigeur devint Caporal de Voltigeurs. Dès lors ses responsabilités changèrent : le caporal commandait en principe une escouade forte de dix à douze hommes. Bien que n'étant plus simple soldat, il n'était pas encore considéré comme sous-officier. Il apprenait aux soldats le maniement des armes, faisait l'appel, posait ou levait les sentinelles, maintenait le bon ordre dans le corps de garde.

En terre ibérique, le 9ème affronta toute sorte d'expérience. Ce fut le cas du troisième bataillon du régiment qui combattit à Badajoz lorsque la ville fut assaillie dans la nuit entre le 5 et le 6 d'Avril 1812, en perdant la moitié des hommes dans la nuit sanglante, ce qui obligea le régiment français à se rendre. Après la perte de tout le 3° bataillon dans la capitulation de la ville de Badajoz (1812), le dépôt de Longwy fut réformé.

Lors de la bataille de Bornos, le 10 juin 1812, il est blessé d'un coup de feu au pied gauche. Ceci marque la fin des guerres napoléoniennes pour Antoine DENIS. Il se retire vers la ville de Bayonne où il sera retraité le 5 décembre 1812. Agé de 30 ans et après 11 ans de guerre, il rentre chez lui à Metz.

Dans sa ville, il occupe la profession de serrurier et demeure rue des allemands. Bien que sa vie militaire soit définitivement terminée, la Grande Chancellerie décida de témoigner sa reconnaissance à Antoine Denis en le nommant Chevalier de la Légion d'Honneur par décret du 12 février 1813. Mais, malencontreusement, son brevet de légionnaire est envoyé à son Régiment, à l’armée d’Espagne, où tous les papiers ont été perdus. Durant cette année, le sieur Denis rencontre Elisabeth Godard, originaire d’Ay sur Moselle, qui est en service à Metz rue du petit Paris. Tous deux se marient le 10 août 1813 à Metz puis partent s’installer dans le village d’Ay sur Moselle. Ils vivent dans une petite maison rue du Moulin qui comprend 4 ouvertures (portes et fenêtres) et dont la surface au sol est de 86 m². Antoine Denis et sa femme profitent ainsi d’une vie paisible au sein de leur foyer. Leur quotidien se voit bouleversé par un heureux événement : la naissance de leur fille Anne Adelaïde née le 13 juillet 1818 à Ay sur Moselle.

Antoine Denis passa le reste de sa vie dans le village d’Ay sur Moselle où il participa à la vie du village. Durant cette période il dû côtoyer Nicolas Zegut, ancien maréchal des logis dans le régiment des Dragons de la Reine, avec lequel les conversations sur leur passé militaire ont sûrement ressurgi plus d’une fois. De même, on peut imaginer que le vécu du sieur Denis a susciter l’intérêt de nombreux villageois qui, par ses témoignages, ne sont sûrement pas restés indifférents. Après avoir fait son devoir de mémoire et partagé son expérience pour que les générations futures n’oublient jamais, Antoine Denis s’est éteint le 17 avril 1846 à Ay sur Moselle. Il était âgé de 63 ans.
 


 
Sources :
Archives Nationales – Dossier de Légion d’Honneur – Cote L0731022.
Service Historique des Armées de Terre – Contrôle des troupes.
Archives Départementales de la Moselle – Etat Civil de la commune d’Ay sur Moselle.
 

Rédaction :
Florent PIERRON

Date de création : 11/10/2009 @ 22:33
Dernière modification : 12/10/2009 @ 21:11
Catégorie : Biographies
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